Découverte du pays de Granville : le patrimoine de la commune d’Hudimesnil

Le samedi 14 novembre 2015, la Société se déplaça dans la commune d’Hudimesnil. La visite a débuté par la découverte du manoir d’Ontot qui, peu connu, n’a pas retenu l’attention des historiens du Pays de Granville.
Mentionnée pour la première fois au XVe siècle, une famille d’Ontot s’est maintenue sur la paroisse jusqu’au XIXe siècle, mais nous ignorons si cette famille est à l’origine du nom de ce domaine ou si, plus probablement, elle tire son nom de ce toponyme d’origine scandinave. Formé sur le radical –tot désignant une ferme, une exploitation agricole,  il est composé d’un anthroponyme qui pourrait être Ulfr ; la composition aurait donné Outot, la confusion entre le u et le n étant fréquente en toponymie, et le nom serait passé d’Outot à Ontot. Le domaine d’Ontot est encore parfaitement repérable sur le terrain : les toponymes, le Haut d’Ontot, le Bas d’Ontot, les Terres d’Ontot et les Chasses d’Ontot se répartissent sur un territoire délimité par le cours de la Vanlée et un de ses affluents au nord.
Le manoir propriété au XVIIIe siècle de la famille Girard, sieurs de Marmoutier et de la Burlière, passa par mariage aux Lémarié, sieur de la Pallière, apparemment tous bourgeois de Granville. Il est aujourd’hui séparé en plusieurs propriétés et cette division semble remonter à une date ancienne. Les constructions datant, pour l’essentiel, des XVIe et XVIIe  siècles entourent une grande cour, commune à l’origine.
Un portail monumental du XVIIe siècle, constitué d’une grande porte charretière, doublée d’une porte piétonne donne accès à la cour. Tout à côté de cette entrée, aux arcs en plein cintre, subsistent les vestiges d’un bâtiment rectangulaire qui servit de colombier et qui est, sans doute, contemporain du portail et de la grange voisine. Ce colombier intègre des éléments sculptés plus anciens, en réemploi, qui pourraient dater de la fin de la Renaissance.
Fermant un côté de la cour, le manoir apparaît au premier abord, comme la juxtaposition de deux constructions avec, à droite, un logis du XVIe siècle et, à gauche, un autre logis un peu plus récent comme l’indiqueraient les ouvertures. Pourtant, l’observation de la façade arrière permet de formuler l’hypothèse suivante. Au cours du XVIe siècle, on construisit un grand logis avec une salle centrale plafonnée et surmontée d’une chambre de mêmes dimensions ; en partie droite, un cellier était surmonté d’une chambre secondaire et, en partie gauche, une salle servait sans doute de cuisine (une gargouille d’évacuation des eaux usées subsiste sur la façade arrière).

Mais l’organisation du manoir d’Ontot est peut être plus complexe et pourrait être l’aboutissement d’un partage ou d’une division entre deux héritiers de la propriété.

La visite s’est prolongée par la découverte des ruines remarquable de la chapelle Sainte Suzanne où nous avons été accueillis par Monsieur Hérard, président de l’association qui œuvre à la sauvegarde et à la restauration de cet édifice des premières années du XVIe siècle.

Enfin, la société s’est retrouvée à l’église paroissiale. Celle-ci dédiée à Notre-Dame a été fortement remaniée au XIXe siècle, puisque la nef a été entièrement reconstruite en 1837. Le chœur et la partie basse de la tour peuvent être eux de la seconde partie du Moyen Âge. Un chapiteau en réemploi qui soutient la chaire (belle réalisation du XVIIIe siècle) est le témoin d’un édifice antérieur.
Enfin, on peut remarquer une belle collection de statues en bois polychromé du XVIIIe siècle dont un saint Marcouf que l’on retrouve régulièrement dans nos églises du sud de la Manche.

 

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