Quelques éléments d’architecture civile à Saint-James

En ce samedi 12 décembre 2015, un beau soleil et une température presque printanière avait incité nombre de nos sociétaires à se retrouver pour découvrir une partie du riche patrimoine historique et monumental de la ville de Saint-James.
Le président Levalet a tout d’abord retracé l’origine du toponyme de la  Haie de Terre. Il désignait au Moyen Âge, une fortification linéaire, faite de terre et de bois (qu’on appelait alors un « fossé ») et qui barrait l’accès à la forteresse de Saint-James, entre les vallées de la Guerge et du Beuvron. Il en subsiste aujourd’hui un tronçon de deux cents mètres environ, que les sociétaires les plus courageux ont pu aller observer en cette fin d’après-midi. Le manoir du même nom, fief de la très ancienne famille Guiton existe toujours : avec son colombier et sa grange, il forme un bel ensemble qui semble avoir été édifié en trois campagnes principales.
Une première phase voit la construction d’un logis présentant une grande salle unique au rez-de-chaussée, surmontée d’une grande chambre. Bien que datée de 1342 par une inscription sur le manteau de la cheminée de la chambre (millésime sans doute ajouté au milieu du XIXe siècle par le comte Crescent Guiton de la Villeberge), le logis ne peut remonter à cette époque. Les fenêtres à meneaux et le linteau en accolade des portes ne peuvent indiquer que la fin du XVe voire le début du XVIe siècle.
Dans la deuxième moitié de ce siècle, une aile en retour fut édifiée contre le mur gouttereau nord pour abriter un cellier au rez-de-chaussée et une chambre à l’étage. Le raffinement des moulures de la grande fenêtre à meneaux en croisillons et, en particulier, les décors triangulaires du linteau permettent de dater cette seconde phase de la fin de la Renaissance.
Enfin, dans le courant du XVIIe siècle, fut ajoutée, contre le pignon ouest, une aile à usage domestique. Les ouvertures surmontées de linteaux en bois semblent relativement tardives, mais dans l’impossibilité d’observer la jonction entre ces deux constructions et les aménagements intérieurs de cette aile, on ne peut pas exclure que cette aile soit plus ancienne.
Le colombier a malheureusement perdu sa toiture, mais une carte postale ancienne (présentée dans l’ouvrage collectif sur Saint-James et son canton) montre qu’il était autrefois couvert en chaume et surtout sommé d’un lanternon polygonal en bois pour l’envol des pigeons. Cette même photographie montre le mur recouvert dans sa partie haute, d’une bande d’enduit blanc, propre à décourager l’escalade et l’intrusion des fouines, rats et autres belettes, grands amateurs de pigeons.

La compagnie a ensuite retrouvé le manoir de la Vieille Paluelle, que nous avions découvert en 2008 avant sa restauration. Ce manoir a donné son nom à une autre ancienne famille de Saint-James, les de la Paluelle qui, au début du XVIIe siècle, édifiera un grand château au nord de la ville.
L’édifice présente un plan très simple à deux pièces par niveau, mais, comme au manoir du Grand Aunay au Mesnil-Tôve que nous avons visité il y a quelques mois, nous retrouvons une dissymétrie dans ces niveaux en élévation : deux niveaux à droite avec une grande salle et la chambre seigneuriale à l’étage et trois niveaux, à gauche, avec, au-dessus d’un cellier, deux chambres secondaires superposées. L’accès aux étages et à ces chambres se faisait par une vis en pierre placée dans une tourelle d’escalier ronde sur la façade arrière.
Malgré quelques modifications au cours des siècles, ce manoir est remarquablement conservé et entretenu et présente un grand nombre d’ouvertures anciennes. La forme de ses fenêtres, les blasons de la famille de la Paluelle répétés en plusieurs endroits, permettent de dater cette construction homogène du milieu du XVIe siècle, juste avant les guerres de religion, et elle doit donc être attribuée à Michel de la Paluelle, époux de Jeanne de Béziers.